L’élargissement de l’Union Européenne, l’essor économique de nombreux pays, la mondialisation des échanges et l’augmentation du tourisme nautique et du transport multimodal génèrent un essor important du trafic maritime. La France, avec sa très grande façade maritime, bénéficie d’une situation géographique privilégiée. Ce contexte est favorable à un développement important des aménagements en site maritime et une modernisation de l’ensemble des infrastructures portuaires
A l’heure de l’économie circulaire, où réduire, recycler et réutiliser les déchets afin d’en faire des matières premières secondaires pour d’autres filières de production, la gestion des déchets au sens large a pris une tout autre dimension. Si de nombreux déchets bénéficient déjà de filières ancrées dans la dynamique de l’économie circulaire, il n’en va pas de même pour certains sédiments de dragage des ports. En effet, pour ce type de produits, les filières de valorisation répondant aux critères de l’économie circulaire en sont encore à leurs balbutiements.
Parallèlement à la réforme sur les Installations Classées, le Grenelle de l’Environnement, le Grenelle de la Mer et son livre bleu, la Stratégie Nationale du Développement Durable, le Plan d’Actions pour le Milieu Marin et la Conférence Environnementale encouragent les gestionnaires de territoire à œuvrer dans le sens d’une gestion vertueuse de leurs déchets et notamment de leurs déblais.
L’objectif global est du présenter les solutions innovantes appliquées en TP maritimes et fluviaux et aussi de présenter la faisabilité technico-économique de la valorisation des sédiments de dragage et la co-valorisation. Cette présentation permettra d’assoir les bases techniques, scientifiques et économiques pour le développement des nouvelle filières industrielles innovantes de valorisation des sédiments de dragage permettant de créer une boucle d’économie circulaire.
A terme, ces innovations permettront de créer, de nouveaux produits (différents types de granulats pour différentes applications) à base de sédiments, ce qui contribuera à dynamiser et à améliorer la compétitivité de ce secteur ainsi que le développement des entreprises régionales et nationales.
Désormais, IMT Nord-Europe développe un nouvel axe de valorisation innovant : la production de granulats artificiels dont les usages projetés sont multiples :
- Lutte contre l’érosion du trait de côte,
- Protection des ouvrages de génie civil maritime,
- Béton
- Remblais
Ainsi, depuis 2009, IMT Nord-Europe et Dunkerque-Port développent de manière avant-gardiste des solutions de gestion à terre de ses vases non immergeables, notamment au travers de la création en 2008 d’une plateforme de traitement dédiée au traitement de ces sédiments en vue de pouvoir les valoriser à terre par la suite.
A ce jour, il n’existe pas de filières de valorisation à terre des sédiments non immergeables qui soit opérationnelle à grande échelle (production industrielle). Chaque maître d’ouvrage portuaire confronté à une problématique de sédiments contaminés cherche des solutions adaptées à sa situation et pouvant être mises en œuvre à l’échelle de son territoire.
En ce sens, les partenaires industriels développent depuis 2009 en collaboration avec IMT Nord-Europe, dans le cadre de la démarche SEDIMATERIAUX, différentes filières de valorisation des vases non immergeables à titre d’exemple au port de Dunkerque :
2009 à 2015 : différents éco-modelés paysagers ont vu le jour sur le territoire du port de Dunkerque.
2012 : une route à fort trafic poids lourds a été réhabilitée sur 1 km de long avec des sédiments utilisés comme couche de fondation de la route, conformément aux prescriptions du guide SETRA ;
2013 : une centaine de blocs béton de 4 m3 ont été produits. Ces blocs sont destinés à être posés en crête des ouvrages de défense contre la mer pour les renforcer.
En Belgique -La construction de digue de protection contre les inondations à base de sédiment était une 1ère en Europe dans le cadre du projet PRISMA.
En conclusion la démarche à adopter pour élaborer un matériau innovant à base de sédiment est on doit rester pragmatique : il convient de « faire au mieux », en respectant un code de bonne pratique, compte tenu des appareillages disponibles au moment de l’étude. En particulier, il est indispensable de suivre une méthode assez stricte, fondée sur la connaissance des conditions locales de l’applications de l’ouvrage et sur une calibration et une validation fine des instrumentations du suivi environnemental utilisés pour le cas traité et pour l’analyse des résultats de l’étude. Mais un autre élément participera de façon décisive à l’élaboration d’autre matériaux innovants c’est le retour d’expérience issu du suivi des opérations de SEDIMATERIAUX de EcoSed digital 4.0. Cette présentation apportera une aide précieuse à la fois aux industriels et aux bureaux d’études œuvrant dans le domaine du TP maritimes et fluviaux mais aussi aux autorités en charge du contrôle des études.
Depuis plusieurs années, la demande mondiale en matières premières destinées aux matrices cimentaires et aux ouvrages routiers est en très forte croissance. Aujourd’hui, la consommation européenne de matériaux granulaires dans le Génie Civil dépasse les 3,6 milliards de tonnes/an. L’exploration et l’exploitation des gisements actuels et futurs sont de plus en plus réglementées et difficiles d’accès pour des raisons économiques, sociétales et environnementales. Dans un contexte d’exigences accrues de préservation de l’environnement, la gestion et la valorisation des déchets, sous et co-produits industriels demeurent des enjeux incontournables, tant financiers qu’environnementaux et positionnés au cœur des politiques de développement durable.
Ainsi, chaque année, en Europe, plus de 250 millions de tonnes de sédiments marins et plus de 60 millions de tonnes de sédiments fluviaux sont draguées des ports et des voies d’eau navigables. En France, cela représente annuellement plus de 50 millions de tonnes de sédiments marins et plus de 6 millions de tonnes de sédiments fluviaux. Selon la réglementation européenne, ces sédiments dragués sont considérés comme déchets (pollués ou non pollués) qu’il faut valoriser car considérés, à juste titre, comme des déchets non ultimes. Les autorités portuaires et gestionnaires de voies d’eau doivent donc trouver des solutions de gestion intégrée et durable de ces sédiments.
Objectif de la chaire
Le principal objectif de la chaire EcoSed 2025-2029 est :
- La protection du littoral (gestion du risque « érosion côtière »),
- La préservation des ressources naturelles, des espaces littoraux et du milieu marin,
- Les activités d’extraction (dragage),
- Le tourisme et les loisirs de proximité,
- Anticiper les risques, nouvelles appréhensions de la notion de risque, les ruptures des digues.
Intérêts communs pour :
- L’état,
- L’es collectivités locales et territoriales,
- L’es établissement publics concernés,
- Les acteurs économiques.